Session 2
Apport de la prospective et des postures d’anticipation pour requestionner les projets dans leurs logiques de contenus et d’acteurs
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Comment vivre et habiter quotidiennement les territoires en pression urbaine : Objectifs et enjeux Quelle place prendront ou peuvent prendre les professionnels et les CAUE comme acteurs ou observateurs des démarches de projets ? Comment accompagner les collectivités locales dans l’élaboration de stratégies territoriales et dans la réinterprétation des phénomènes et des mutations sociales à l’échelle des intercommunalités ? La réponse réside dans la capacité des CAUE à se saisir de l’outil de la prospective, à construire une démarche d’anticipation -avec laquelle cependant ils sont peu ou prou rompus- pour opportunément requestionner les projets dans leurs logiques de contenus (quoi, pourquoi ? comment ?) et d’acteurs (pour qui ? avec qui ?). L’objectif de cette session de formation est moins la réponse à ces interrogations au travers de l’intervention et de la parole d’experts que de tenter de construire autour d’une démarche de prospective appropriée, par l’échange et le travail collaboratif des stagiaires issus des CAUE, une ébauche, une trame d’outil pédagogique ou de communication commune que chacun des CAUE pourrait par la suite s’approprier et adapter à ses contextes spécifiques. Ce travail permet de fournir l’argumentaire et les données de connaissance pour interpeller les élus locaux dans leur éventuelle réticence à élaborer une stratégie territoriale centrée notamment sur la gestion économe de l’espace et l’application des préceptes du développement durable. Penser le projet par la prospective : le regard de Thomas Sieverts
Travail en atelier
La démarche,
Martin Vanier présente la méthode utilisée au cours de cette session. Les participants rassemblés en petites équipes définissent des parcelles de projets constituées autour d’un acteur, d’un levier et d’un futur. Le recollement de toutes ces propositions permettra à l’issue des sessions de faire naître un référentiel de projets. La difficulté est de se mettre dans une logique de transformation et de sortir de la démarche de placage ou de simple échange de pratiques. Télécharger le mode d’emploi des ateliers et ses fiches Les lieux supports du travail en atelier,Trois ateliers ont été constitués selon le niveau d’avancement des projets : en marche, en questionnement et en anticipation. Pour chacun, un ou plusieurs lieux en Alsace ont été choisis. Visités rapidement au cours du premier jour, ils servent de pretexte au travail en atelier. Atelier 1 - Ittenheim / Kochersberg : Le projet en marche
Atelier 2 - Ried, commune d’Ebersheim : Le projet en questionnement
Atelier 3 - PNRVN, Neuwiller-les-Saverne et Wangen : Le projet en anticipation
La démarche proposée est inhabituelle pour des professionnels habitués à penser le projet dans sa globalité et sa complexité. Pour les participants interrogés, si cette approche déroutante, voire déstabilisante, au début, elle apporte au final une façon de travailler qui gagnerait à être utilisée au sein des équipes pour faire émerger d’autres manières d’appréhender les problématiques. A l’issue du travail en atelier, 9 projets ont ainsi été dégagés. Ils ont fait l’objet d’une présentation en plénière par leurs rapporteurs et d’une synthèse par Martin Vanier. Voir la video sur youtube
Eric Charmes, directeur du laboratoires de recherche RIVES et Volker Ziegler, architecte-urbaniste, enseignant à l’Ecole d’architecture de Strasbourg, ont apporté à chaud leur réaction sur les différents projets ainsi que sur l’approche globale qui a été présentée. Volker Ziegler est architecte-ingénieur et urbaniste. Après une double formation franco-allemande à l’Université technique de Karlsruhe et à l’Ecole d’architecture de Paris-Belleville, il participe à des projets architecturaux et urbains en France et en Europe. Enseignant l’urbanisme et le projet urbain dans les écoles d’architecture depuis 1997, d’abord en tant que vacataire à Paris-la-Villette et à Strasbourg (1997-2002), ensuite en tant que maître-assistant en à Nancy puis à Strasbourg, il est membre titulaire de l’équipe de recherche "Architecture, morphogenèse urbaine et projet" (AMUP) à l’ENSA Strasbourg. Il est auteur de recherches et de publications sur les acteurs et les territoires du projet urbain ainsi que sur l’histoire des infrastructures et leur rapport à la ville et au territoire, sujet sur lequel il prépare une thèse à la Hafencity Universität de Hambourg. Voir la video sur youtube
Éric Charmes est directeur du laboratoire de Recherches Interdisciplinaires Ville Espace Société (RIVES, Université de Lyon, UMR CNRS 5600, ENTPE). Anciennement maître de conférence à l’Institut français d’urbanisme (Paris 8), il a beaucoup travaillé sur les usages de la rue, les espaces publics, les gated communities et la territorialisation résidentielle. Aujourd’hui, il s’intéresse aux petites communes résidentielles des périphéries des grandes métropoles. Il a notamment publié La Ville émiettée. Essai sur la clubbisation de la vie urbaine (Presses Universitaires de France, 2011), Villes rêvées, villes durables (avec Taoufik Souami, Gallimard, 2009), La Vie périurbaine face à la menace des gated communities (Paris, L’Harmattan, 2005) et La Rue, Village ou décor ? Parcours dans deux rues de Belleville (Grâne, Créaphis, 2006). Voir la video sur youtube
Réponse des ateliers de la session de formation de Strasbourg : oui mais…
En attendant, deux acquis :
Les propos tenus par les intervenants et par les contributeurs n’engagent que leur auteur. |
Formateurs
Questions en débatVous avez réagi à ces propos prononcés au cours de ces deux journées.
Martin Vanier citant Yves Chalas
“Les bonnes idées d’aujourd’hui sont les réussites ou les échecs de demain.”
Eric Charmes
“En luttant contre l’étalement à l’échelle d’une commune, on pousse la demande plus loin et on aggrave le problème car on augmente la mobilité tout en mitant tout autant le territoire.”
Volker Ziegler
“Vous ne parlez pas des formes de l’habitat de demain alors que l’habitat est le moteur n°1 de l’étalement urbain.”
Emmanuel Brochard
“Alors que c’était le sujet de la session précédente, personne n’a mis la question économique au coeur des projets.”
Vincent Bassez
“L’action publique doit accompagner l’initiative privée, s’appuyer sur elle.”
Ahmed Saïb
“Il y a des pressions qui font que plus c’est mité, plus on veut urbaniser.”
Patricia Zander
“Si on fait du remplissage de parcelles, on n’arrivera pas à construire un territoire communal intéressant.”
Alfred Becker
“Les temps de crise ont aussi cette vertu que de se reposer un certain nombre de questions sur la pertinence de l’ensemble de nos interventions.”
Elisabeth Rojat-Lefebvre
“Il faut passer d’un élément technique pur à une dimension différente qui intéresse les élus et le grand public.”
Sylvaine Glaizol
“Peut-être que sur la mobilité, nous CAUE manquons d’expertise ?”
Volker Ziegler
“Les gens se mobilisent s’ils ont quelque chose à perdre. L’idée c’est de renverser cette situation et d’arriver à une concertation, un débat permanent.”
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